Lorsqu'il est question d'organismes voués à aider les autres, vous avez peut-être entendu les termes « OBNL » et « organisme de bienfaisance enregistré » utilisés de façon interchangeable. Pourtant, même si ces deux types d'organisations œuvrent au bien commun, ils ne sont pas identiques au Canada. Comprendre les différences entre un OBNL et un organisme de bienfaisance enregistré est essentiel pour quiconque souhaite créer ou soutenir une organisation dans le secteur caritatif.
Si vous envisagez de fonder un organisme au Canada, l'une des premières questions que vous pourriez vous poser est la suivante : quelle est la différence entre un organisme de bienfaisance et un OBNL? Même si les deux types d'organisations fonctionnent sans but lucratif et visent le bien de la collectivité, ils ont des définitions juridiques, des exigences et des avantages distincts. Voici un tour d'horizon de la différence entre un organisme de bienfaisance et un OBNL au Canada, pour vous aider à faire le bon choix pour votre organisme.
Cet article présente les principales distinctions entre les deux afin que vous puissiez prendre des décisions éclairées.
Un organisme de bienfaisance enregistré est un organisme qui a été officiellement approuvé par l'Agence du revenu du Canada (ARC) en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu. L'enregistrement confère à l'organisme le statut d'organisme de bienfaisance, ce qui s'accompagne d'avantages importants et d'obligations strictes.
Pour être admissible, l'organisme doit poursuivre un objet de bienfaisance relevant d'une ou de plusieurs des catégories reconnues suivantes :
Les organismes de bienfaisance peuvent émettre des reçus officiels pour dons, qui permettent aux donateurs de réclamer un crédit d'impôt fédéral et provincial. Il s'agit de l'une des différences pratiques les plus importantes entre un organisme de bienfaisance et un OBNL — et un facteur déterminant dans la capacité de collecte de fonds.
Tous les objets bénéfiques sur le plan social ne sont pas nécessairement reconnus comme caritatifs au Canada. L'ARC applique un critère en deux volets issu de la common law canadienne :
Les objets caritatifs décrivent la raison d'être de l'organisme (par exemple, « faire avancer l'éducation dans les communautés défavorisées »). Les activités caritatives sont les programmes et les actions mis en œuvre pour concrétiser ces objets. L'ARC examine les deux : les objets doivent être caritatifs et les activités doivent les mettre en œuvre.
Cette distinction est fondamentale. Un organisme qui énonce des objets caritatifs mais qui mène des activités non caritatives peut se voir refuser l'enregistrement ou perdre son statut.
Un organisme à but non lucratif (OBNL) est une association, un club ou une société constitué à des fins autres que la réalisation de bénéfices pour ses membres. Les OBNL n'ont pas à s'enregistrer auprès de l'ARC pour exercer leurs activités. Ils sont régis par leur propre loi constitutive — par exemple, la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif (LCOBNL) au niveau fédéral, ou les lois provinciales équivalentes. Au Québec, les OBNL sont généralement constitués en vertu de la Loi sur les compagnies (Partie III) ou, depuis son adoption progressive, de la Loi sur les personnes morales sans but lucratif (LPMOBNL).
Les OBNL sont couramment fondés dans les buts suivants :
Exonération fiscale en vertu de l'al. 149(1)l) : Les OBNL qui satisfont aux conditions de l'alinéa 149(1)l) de la Loi de l'impôt sur le revenu sont exemptés de l'impôt sur le revenu. Cette exonération n'est pas automatique — elle s'applique uniquement tant que l'OBNL fonctionne véritablement sans but lucratif. L'ARC peut vérifier et contester le statut des organismes qui semblent exercer des activités commerciales ou distribuer des bénéfices à leurs membres.
Les OBNL ne produisent pas de déclaration annuelle T3010 auprès de l'ARC. Cependant, les OBNL constitués en vertu de la loi fédérale doivent produire des déclarations annuelles auprès de Corporations Canada, et tous les OBNL pourraient avoir à produire une déclaration de revenus T2 selon leur situation.
En plus des exigences fédérales de l'ARC, les organismes établis ou exerçant des activités au Québec doivent également se conformer aux exigences du Registraire des entreprises du Québec (REQ). Cela vaut autant pour les OBNL que pour les organismes de bienfaisance enregistrés, même ceux constitués sous le régime fédéral, dès lors qu'ils exercent des activités dans la province.
Concrètement, cela signifie produire chaque année une actualisation annuelle auprès du REQ. La conformité aux exigences de l'ARC ne dispense pas un organisme de ses obligations provinciales : le défaut de produire l'actualisation annuelle peut entraîner la radiation de l'immatriculation de l'organisme auprès du REQ, avec des conséquences sur sa capacité légale à exercer ses activités au Québec.
Voici les principales distinctions pour vous aider à choisir la structure la mieux adaptée à votre organisme :
Le bon choix dépend de la mission de votre organisme, de son modèle de financement et de votre capacité à respecter les exigences de conformité de l'ARC.
Optez pour un organisme de bienfaisance enregistré si :
Optez pour un OBNL si :
Si votre objectif principal est de recueillir des dons auprès du public et que vos activités s'inscrivent clairement dans les objets caritatifs reconnus par l'ARC, le statut d'organisme de bienfaisance enregistré est presque toujours le meilleur choix. Si votre organisme existe principalement pour servir ses membres — par l'intermédiaire d'un club, d'une association ou d'une ligue récréative — un OBNL peut être plus approprié et plus simple à gérer.
Si votre OBNL souhaite obtenir le statut d'organisme de bienfaisance enregistré, le processus comporte plusieurs étapes clés :
Compte tenu de la complexité du processus de demande et du niveau actuel de surveillance de l'ARC, il est fortement recommandé de faire appel à un avocat spécialisé. Les erreurs dans la demande — en particulier dans la formulation des objets — sont l'une des causes les plus fréquentes de retards ou de refus.
Choisir la mauvaise structure dès le départ peut avoir des conséquences durables sur la capacité de votre organisme à collecter des fonds, à se conformer à la réglementation et à attirer des partenaires financiers. Voici pourquoi cette distinction est importante en pratique :
En résumé, la principale différence entre un OBNL et un organisme de bienfaisance enregistré au Canada réside dans leur objet, leurs avantages fiscaux et leurs exigences réglementaires. Les OBNL fonctionnent avec un large éventail d'objectifs et ne sont pas tenus de respecter les règles strictes qui s'appliquent aux organismes de bienfaisance enregistrés.
Si vous croyez que l'enregistrement comme organisme de bienfaisance correspond aux objectifs de votre organisme, nous vous encourageons à consulter un professionnel du droit. Comprendre la différence entre un OBNL et un organisme de bienfaisance n'est que la première étape du processus d'enregistrement comme organisme de bienfaisance au Canada. Pour en savoir plus sur le processus d'enregistrement et les avantages du statut d'organisme de bienfaisance, visitez charitylawgroup.ca, ou prenez rendez-vous pour une consultation gratuite de 15 minutes en composant le 416-488-5888 ou en écrivant à ask@charitylawgroup.ca.
Que vous souhaitiez enregistrer un organisme de bienfaisance à Montréal, à Québec ou ailleurs au Québec, le choix que vous ferez façonnera l'avenir de votre organisation. Consulter un avocat spécialisé vous permettra de vous assurer que votre organisme respecte toutes les réglementations et satisfait aux exigences requises. Pour un aperçu complet des distinctions juridiques et fiscales, consultez notre guide complet sur le statut d'organisme de bienfaisance par rapport au statut d'OBNL au Canada.
Vous avez des questions sur les organismes de bienfaisance et les OBNL au Canada? Notre FAQ couvre les sujets les plus courants pour vous aider à comprendre le fonctionnement de ces organismes et les exigences d'enregistrement et de conformité.
Un OBNL au Canada doit fonctionner à des fins autres que la réalisation de bénéfices, comme l'aide sociale, le bénéfice communautaire ou les activités culturelles et récréatives. Tout surplus de fonds doit être utilisé pour faire progresser la mission de l'organisme, et non être distribué aux membres.
Les trois types sont les œuvres de bienfaisance (qui offrent directement des programmes caritatifs), les fondations publiques (qui financent principalement d'autres organismes de bienfaisance) et les fondations privées (qui sont généralement financées par une seule source et accordent des subventions).
Pour être reconnu comme organisme de bienfaisance au Canada, votre organisation doit poursuivre des objets exclusivement caritatifs — comme le soulagement de la pauvreté, l'avancement de l'éducation ou de la religion, ou d'autres avantages pour la collectivité — et être enregistrée auprès de l'ARC.
Au Canada, un organisme de bienfaisance relève de la catégorie plus large des organismes à but non lucratif, soit ceux qui sont enregistrés pour mener des activités caritatives au bénéfice du public.
La forme la plus élevée de bienfaisance est souvent considérée comme étant le soulagement direct de la pauvreté ou le soutien aux personnes dans le plus grand besoin, mais au Canada, tous les organismes de bienfaisance enregistrés sont reconnus de façon égale devant la loi.
Les informations fournies sur ce site Web sont à titre informatif seulement. Elles ne constituent pas des conseils juridiques. Vous ne devez pas agir ou vous abstenir d'agir sur la base de ces informations sans avoir préalablement consulté un avocat spécialisé en droit des organismes de bienfaisance. Nous ne garantissons pas l'exactitude ou l'exhaustivité des informations contenues sur ce site. La communication par courriel avec quiconque au sein de B.I.G. Charity Law Group Professional Corporation n'est pas destinée à créer, et sa réception ne constituera pas, une relation avocat-client. Une relation avocat-client ne sera établie qu'après que nous aurons examiné votre dossier ou vos renseignements particuliers, décidé d'accepter votre dossier et conclu avec vous une convention de mandat écrite ou une lettre de mandat.

DOV GOLDBERG, J.D. est avocat au sein du cabinet B.I.G. Charity Law Group et consacre sa carrière exclusivement au droit des organismes de bienfaisance et sans but lucratif depuis plus d'une décennie. Dov accompagne les organismes de bienfaisance, les fondations et les organisations sans but lucratif à chaque étape du processus d'enregistrement, en offrant des conseils juridiques pratiques axés sur la conformité, la gouvernance et le succès à long terme. Reconnu pour son approche concrète et sa connaissance approfondie des exigences de l'ARC, Dov s'engage à aider ses clients à bâtir des organisations solides, durables et juridiquement bien structurées.