La principale différence est dans la nature de ce que vous donnez :
Si vous avez déjà donné des vêtements, de la nourriture ou même vos services à un organisme de bienfaisance plutôt que de l'argent, vous avez fait ce qu'on appelle un don en nature. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement? Et comment ce type de don aide-t-il les organismes de bienfaisance au Canada? Voyons cela d'une façon simple à comprendre.
Un don en nature — que l'ARC appelle aussi un « don non monétaire » — est un don de biens autre qu'une somme d'argent. Il peut s'agir d'articles physiques comme des livres, des ordinateurs portables ou de la nourriture, ou d'actifs comme des actions et des immeubles. Ce type de don a souvent autant de valeur pour un organisme qu'un don en argent.
Signification d'un don en nature : cela signifie simplement que vous donnez des biens ou des actifs plutôt que de l'argent.
Lorsque votre organisme reçoit des dons monétaires, vous dépensez ce financement pour diverses dépenses organisationnelles. Cependant, lorsque vous recevez un don en nature — comme de l'équipement de bureau d'une valeur de 3 000 $ — vous pouvez réaffecter cet argent de votre budget à d'autres besoins essentiels, comme la prestation de programmes ou la sensibilisation communautaire.
Les dons en nature appartiennent à une seule grande catégorie : les biens et les actifs. Comprendre cette distinction est essentiel pour une comptabilité adéquate et la conformité aux règles de l'ARC.
Un don en nature désigne la contribution d'un bien — des articles physiques ou des actifs — que les organismes peuvent utiliser pour améliorer leurs activités ou leurs programmes. En droit canadien, un don est défini comme un transfert volontaire de biens. Voici des exemples courants :
Précision juridique importante : en droit canadien, les services professionnels — comme les conseils juridiques, les services comptables, le graphisme, le développement Web ou la consultation — ne sont pas considérés comme des dons en nature, car les services ne sont pas des biens.
Bien que les organismes puissent certainement bénéficier de services donnés, un organisme ne peut pas émettre de reçu fiscal directement pour des services.
La méthode de « l'échange de chèque » :
Si une personne ou une entreprise souhaite recevoir un reçu fiscal pour ses services professionnels, elle doit suivre ce processus en deux étapes :
Cela crée une piste de vérification adéquate et garantit que le fournisseur de services déclare bien le revenu imposable. Sans ce processus, aucun reçu de bienfaisance ne peut être émis pour des services professionnels.
Temps de bénévolat : même lorsqu'il est fourni par des professionnels qualifiés, le temps de bénévolat ne peut jamais faire l'objet d'un reçu à titre de don en nature, en aucune circonstance.
Les dons en nature offrent des avantages importants pour les organismes de bienfaisance canadiens, les donateurs et les communautés qu'ils servent.
Pour les organismes de bienfaisance :
Pour les donateurs :
Voici quelques exemples de dons en nature :
Voici autant d'exemples concrets de façons significatives et pratiques de donner.
Tout ne peut pas être considéré comme un don en nature, mais voici des exemples courants d'articles que les organismes de bienfaisance peuvent accepter au Canada :
Ces articles doivent généralement être en bon état et répondre aux besoins de l'organisme.
La principale différence est dans la nature de ce que vous donnez :
Les deux sont importants. Un don en argent donne à l'organisme la flexibilité de dépenser selon ses besoins prioritaires, tandis qu'un don en nature peut fournir directement les articles ou les actifs qu'il devrait sinon acheter.
Le plus grand défi pour bien des organismes de bienfaisance canadiens, en ce qui concerne les dons en nature, est de déterminer ce qu'il faut accepter et ce qu'il faut refuser. Une politique d'acceptation des dons bien conçue est essentielle pour gérer ces situations de façon professionnelle et conforme à la loi.
Votre politique d'acceptation des dons devrait préciser :
Restrictions courantes :
Oui, au Canada, vous pouvez obtenir un reçu fiscal pour un don en nature, mais certaines règles s'appliquent. Selon l'Agence du revenu du Canada (ARC) :
Par exemple, si vous donnez un ordinateur portable d'une valeur de 800 $ et que vous en fournissez la preuve, l'organisme peut émettre un reçu de don pour ce montant.
Précision terminologique : au Canada, les particuliers reçoivent des crédits d'impôt (et non des déductions) pour les dons de bienfaisance, en vertu de l'article 118.1 de la Loi de l'impôt sur le revenu. Les crédits d'impôt réduisent directement l'impôt à payer. Les sociétés, quant à elles, reçoivent des déductions fiscales pour leurs dons de bienfaisance en vertu de l'article 110.1, ce qui réduit leur revenu imposable.
À noter : les services donnés (temps professionnel ou heures de bénévolat) ne sont admissibles à aucun reçu fiscal, en aucune circonstance, même s'ils ont une grande valeur.
Si vous représentez un organisme de bienfaisance ou à but non lucratif et que vous vous demandez comment solliciter un don en nature, voici une approche simple :
De nombreux organismes de bienfaisance canadiens dépendent des dons en nature pour mener leurs activités. Ce ne sont pas tous les organismes qui peuvent se permettre d'acheter tout ce dont ils ont besoin. Les dons en nature réduisent les coûts, permettent d'offrir davantage de programmes et bâtissent des partenariats communautaires plus solides.
Par exemple, un refuge qui reçoit des couvertures données peut consacrer plus d'argent aux repas. Un organisme à but non lucratif qui reçoit des ordinateurs donnés peut concentrer son budget sur la sensibilisation. Chaque contribution compte.
Alors, qu'est-ce qu'un don en nature? C'est bien plus qu'un simple don — c'est une façon créative de donner des biens et des actifs pour aider les autres. Qu'il s'agisse d'un ordinateur portable usagé, d'un peu de nourriture ou de titres de valeur, ce type de don est extrêmement précieux pour les organismes de bienfaisance canadiens.
Si vous êtes un organisme de bienfaisance, commencez à réfléchir aux articles ou aux actifs qui pourraient faire progresser votre mission. Si vous êtes un donateur, rappelez-vous : un don significatif peut prendre bien des formes au-delà de l'argent.
Une documentation et une comptabilité adéquates des dons en nature sont essentielles à la conformité avec l'ARC et à la transparence financière.
Les organismes de bienfaisance canadiens doivent inscrire les dons en nature à leur juste valeur marchande (JVM) dans leurs états financiers. Cela garantit une déclaration exacte et conforme aux normes comptables.
Déterminer la juste valeur marchande :
L'ARC définit la juste valeur marchande comme le prix le plus élevé qu'un bien rapporterait sur un marché ouvert et sans restriction, entre des parties informées et prudentes, agissant sans lien de dépendance et sans aucune contrainte d'agir.
Règles importantes en matière d'évaluation :
Pour les biens neufs :
Pour les biens usagés :
La règle de la juste valeur marchande réputée (règles des 3 et 10 ans) :
En vertu du paragraphe 248(35) de la Loi de l'impôt sur le revenu, si un donateur a acquis un bien :
la valeur inscrite sur le reçu doit alors correspondre au moins élevé des deux montants suivants : la juste valeur marchande ou le coût du donateur (le prix de base rajusté).
Exemple : si un donateur achète une toile 500 $ et que sa valeur grimpe à 5 000 $ en deux ans, l'organisme ne peut généralement émettre un reçu que pour 500 $ (le coût du donateur), et non 5 000 $.
Le seuil d'évaluation de 1 000 $ :
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une « loi » stricte, les lignes directrices de l'ARC recommandent fortement :
Exemple concret — émettre un reçu pour un ordinateur portable donné : une entreprise locale offre à votre organisme un ordinateur portable neuf dont le PDSF est de 1 200 $. Puisque le PDSF est rarement accepté comme JVM, vous vérifiez ce que le même modèle se vend réellement en ligne et trouvez un prix de détail de 950 $. Comme la valeur est inférieure à 1 000 $, un membre du personnel qualifié peut documenter l'évaluation (avec des captures d'écran d'annonces comparables) plutôt que de faire appel à un évaluateur indépendant. Vous émettez un reçu officiel de don aux fins de l'impôt sur le revenu indiquant une juste valeur marchande de 950 $, une description de l'ordinateur portable et la date de réception — et vous conservez les pièces justificatives au dossier, au cas où l'ARC les demanderait.
Processus de comptabilisation :
Comprendre les conséquences fiscales des dons en nature est essentiel, tant pour les organismes de bienfaisance que pour les donateurs.
Oui, les dons en nature donnent généralement droit à des crédits d'impôt pour les donateurs canadiens, sous réserve de la réglementation de l'ARC. Cependant, certaines règles précises s'appliquent :
Pour être admissible à un reçu fiscal :
Règles particulières pour les titres :
Lorsqu'un donateur fait don de titres cotés en bourse (actions, obligations, fonds communs de placement inscrits à une bourse de valeurs désignée), il peut bénéficier de l'élimination de l'impôt sur les gains en capital.
Toutefois, des règles strictes s'appliquent aux titres non admissibles (TNA), comme les actions de la société privée d'un donateur :
⚠️ Note importante pour les donateurs à revenu élevé — Modifications à l'impôt minimum de remplacement (IMR) depuis 2024
Les règles révisées de l'impôt minimum de remplacement (IMR) au Canada peuvent toucher les donateurs à revenu élevé qui donnent des titres cotés en bourse. Depuis l'année d'imposition 2024, 30 % du gain en capital sur les titres cotés donnés est inclus dans le calcul de l'IMR (comparativement à 0 % auparavant), et seulement 80 % du crédit d'impôt pour don de bienfaisance peut être réclamé dans le calcul de l'IMR (comparativement à 100 % auparavant). Pour la plupart des donateurs, cela ne change rien, mais une personne qui fait un très important don de titres devrait consulter un conseiller fiscal quant au moment du don. Il est important de noter que cela touche la situation fiscale personnelle du donateur, et non la capacité de l'organisme d'émettre un reçu.
Exigences relatives au reçu de bienfaisance :
Oui, les organismes de bienfaisance enregistrés au Canada doivent déclarer les dons en nature dans leur déclaration de renseignements annuelle à l'ARC. Cela comprend :
Considérations particulières :
Tout comme les contributions financières, les dons en nature exigent une démarche stratégique et une communication claire de vos besoins.
Stratégies de sollicitation efficaces :
1. Créez une page de besoins dédiée sur votre site Web
2. Rédigez des lettres de sollicitation ciblées
3. Mettez en place des programmes de partenariat avec des entreprises
4. Utilisez des listes de souhaits et des registres en ligne
5. Profitez des événements de collecte de fonds
Bonnes pratiques pour une sollicitation réussie :
Pour bâtir un programme de dons en nature réussi, les organismes de bienfaisance canadiens devraient :
Pour les organismes de bienfaisance :
Pour les donateurs :
Les dons en nature représentent une occasion importante pour les organismes de bienfaisance canadiens d'accroître leurs ressources, d'engager de nouveaux donateurs et de faire progresser leur mission. Bien gérés, ces dons peuvent fournir des biens et des actifs essentiels tout en bâtissant des partenariats communautaires plus solides.
Cependant, le succès exige une attention rigoureuse à la réglementation de l'ARC, à des procédures de documentation adéquates et à des politiques organisationnelles claires.
En mettant en œuvre les stratégies présentées dans ce guide, votre organisme peut développer un programme de dons en nature florissant, au bénéfice de toutes les parties concernées.
Que vous commenciez tout juste à explorer les dons en nature ou que vous cherchiez à élargir un programme existant, rappelez-vous qu'un accompagnement professionnel peut vous aider à composer avec les complexités du droit des organismes de bienfaisance au Canada et à maximiser votre impact.
Si vous avez besoin de conseils pour élaborer des politiques d'acceptation de dons, émettre des reçus officiels de don aux fins de l'impôt sur le revenu conformes ou vous assurer que votre programme de dons en nature respecte toutes les exigences légales, le B.I.G. Charity Law Group est là pour vous accompagner.
Notre équipe d'avocats expérimentés en droit des organismes de bienfaisance comprend les subtilités du droit canadien en la matière et peut vous aider à bâtir un programme de dons en nature conforme qui maximise les retombées pour votre organisme et vos donateurs. Que vous établissiez des politiques pour la première fois ou que vous révisiez des procédures existantes, nous offrons des conseils pratiques adaptés aux besoins propres à votre organisme. Communiquez avec nous au 416-488-5888 ou par courriel à dov.goldberg@charitylawgroup.ca pour discuter de la façon dont nous pouvons appuyer votre organisation.
Prêt à optimiser le programme de dons en nature de votre organisme? Visitez CharityLawGroup.ca pour en savoir plus sur nos services, ou prenez rendez-vous pour une consultation gratuite. Laissez-nous vous aider à naviguer dans les complexités des dons en nature afin que vous puissiez vous consacrer, en toute confiance, à l'avancement de votre mission de bienfaisance.
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur les dons en nature pour les organismes de bienfaisance et les donateurs canadiens.
Un don en nature est un don de biens plutôt que d'argent. Cela comprend des articles physiques comme des vêtements, du mobilier, des ordinateurs ou de la nourriture, ainsi que des actifs comme des actions, des immeubles et des véhicules. En droit canadien, les services comme les conseils juridiques ou le graphisme ne sont pas des dons en nature, car les services ne sont pas des biens. Les organismes ne peuvent pas émettre de reçus fiscaux pour des services donnés, à moins que le fournisseur de services soit d'abord payé, puis redonne cette somme à l'organisme.
Les dons en nature permettent aux organismes d'économiser de l'argent et de réorienter leur budget vers d'autres besoins importants. Lorsqu'un organisme reçoit des articles donnés d'une valeur de 2 000 $, il peut utiliser cette somme dans son budget pour des programmes ou de la sensibilisation. Ces dons aident aussi les organismes à bâtir des relations avec les entreprises locales et à accéder à des ressources qui seraient autrement trop coûteuses pour les plus petits organismes.
Les dons en nature courants comprennent le mobilier de bureau, les ordinateurs, la nourriture, les vêtements, les véhicules et les fournitures pour événements. Les organismes reçoivent aussi des actions cotées en bourse, des immeubles et des œuvres d'art pour des encans. Tous les articles donnés doivent être en bon état et utiles à la mission de l'organisme.
Oui, les donateurs peuvent recevoir un reçu fiscal si le bien donné a une valeur, est utile à l'organisme et est correctement documenté. Les donateurs individuels reçoivent des crédits d'impôt qui réduisent l'impôt à payer, tandis que les sociétés reçoivent des déductions fiscales. L'organisme émet le reçu officiel de don et y inscrit la juste valeur marchande du bien, ainsi que la date et une description du don. Pour les dons de plus de 1 000 $, l'ARC recommande une évaluation indépendante pour appuyer cette valeur. Les services donnés ou le temps de bénévolat ne peuvent jamais faire l'objet d'un reçu.
Les organismes doivent inscrire les dons en nature à leur juste valeur marchande et les déclarer dans leur déclaration de renseignements annuelle T3010. Pour les dons de plus de 1 000 $, l'ARC recommande de faire appel à un évaluateur professionnel. Les organismes devraient aussi connaître la règle de la juste valeur marchande réputée : si un donateur a acheté le bien moins de trois ans avant de le donner, la valeur inscrite sur le reçu doit être le moins élevé des deux montants suivants : la juste valeur marchande ou ce que le donateur a payé.
Oui, mais les particuliers reçoivent des crédits d'impôt (et non des déductions) qui réduisent directement l'impôt à payer. Les sociétés reçoivent des déductions fiscales qui réduisent leur revenu imposable. Le bien doit avoir une valeur de plus de 20 $ pour être admissible. Des règles particulières s'appliquent aux titres cotés en bourse (les donateurs peuvent éviter l'impôt sur les gains en capital) et aux actions de sociétés privées (les reçus ne peuvent être émis qu'après la vente du titre par l'organisme, ce qui doit se produire dans les 60 mois).
Non. En droit canadien, les services ne sont pas des biens, alors les services professionnels et le temps de bénévolat donnés ne peuvent pas faire l'objet d'un reçu direct. La seule façon conforme de procéder est « l'échange de chèque » : l'organisme peut choisir de payer le fournisseur pour son travail au tarif habituel, puis celui-ci redonne volontairement cette somme à l'organisme. Cela crée une piste de vérification adéquate et traite correctement le revenu à des fins fiscales.
La règle de la juste valeur marchande réputée, prévue au paragraphe 248(35) de la Loi de l'impôt sur le revenu, limite le montant du reçu pour certains biens acquis récemment. Si un donateur a acquis le bien moins de trois ans avant de le donner — ou moins de dix ans avant, s'il l'a acquis dans l'intention de le donner — le reçu doit être émis pour le moins élevé des deux montants suivants : la juste valeur marchande du bien ou ce que le donateur a payé à l'origine (son prix de base rajusté).
Généralement non. Lorsque vous donnez des titres cotés en bourse, inscrits à une bourse de valeurs désignée, directement à un organisme de bienfaisance enregistré, le gain en capital n'est pas imposé sous le régime fiscal habituel, et vous recevez tout de même un reçu pour la pleine juste valeur marchande. Notez que pour les donateurs à revenu élevé, les règles canadiennes de l'impôt minimum de remplacement incluent maintenant 30 % de ce gain dans le calcul de l'IMR, alors un très important don pourrait justifier une discussion avec un conseiller fiscal.
Il n'y a aucune différence — ce sont deux noms pour la même chose. « Don en nature » est le terme courant, tandis que « don non monétaire » est l'expression souvent utilisée par l'ARC. Les deux désignent un don de biens, comme des marchandises, de l'équipement, des titres ou des immeubles, plutôt que de l'argent.
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DOV GOLDBERG, J.D. est avocat au sein du cabinet B.I.G. Charity Law Group et consacre sa carrière exclusivement au droit des organismes de bienfaisance et sans but lucratif depuis plus d'une décennie. Dov accompagne les organismes de bienfaisance, les fondations et les organisations sans but lucratif à chaque étape du processus d'enregistrement, en offrant des conseils juridiques pratiques axés sur la conformité, la gouvernance et le succès à long terme. Reconnu pour son approche concrète et sa connaissance approfondie des exigences de l'ARC, Dov s'engage à aider ses clients à bâtir des organisations solides, durables et juridiquement bien structurées.