Quand on entend le mot à but non lucratif, on pense souvent à un organisme qui survit à peine — toujours en train de faire des collectes de fonds, toujours en train de demander de l'aide. Mais voici quelque chose qui surprend beaucoup de gens : les organismes à but non lucratif et les organismes de bienfaisance au Canada peuvent faire de l'argent.
Oui, vous avez bien lu. Ils ont le droit de générer des revenus — et beaucoup le font! Ce qui compte, c'est ce qu'ils font avec cet argent.
Voyons comment tout cela fonctionne au Canada, en termes simples et concrets.
Au Canada, un organisme à but non lucratif (OBNL) est un groupe constitué pour soutenir une cause ou servir une communauté — et non pour enrichir des propriétaires ou des actionnaires. Un organisme de bienfaisance est un type particulier d'OBNL qui est enregistré auprès de l'ARC (Agence du revenu du Canada) et qui peut délivrer des reçus fiscaux aux donateurs.
Ces organismes visent à faire une différence — que ce soit en aidant des enfants, en nourrissant des familles, en protégeant des animaux, en soutenant l'éducation ou dans tout autre domaine.
Mais voici la différence essentielle entre une entreprise ordinaire et un OBNL ou organisme de bienfaisance : un OBNL peut gagner de l'argent, mais il ne peut pas en tirer un profit personnel.
Absolument.
Si vous vous demandez « Un organisme à but non lucratif peut-il faire de l'argent au Canada? » — la réponse est oui.
Il peut offrir des programmes, facturer des frais, organiser des événements, vendre des produits, voire exploiter des entreprises — à condition que l'argent soit réinvesti dans l'organisme. Cela comprend le paiement du personnel, la prestation de services, l'amélioration des programmes et la couverture des coûts courants comme le loyer et les fournitures.
Voici quelques façons dont les OBNL et les organismes de bienfaisance au Canada peuvent générer des revenus :
En bref, si vous vous demandez « Comment un OBNL peut-il faire de l'argent? » — les options sont nombreuses.
Bien que les OBNL et les organismes de bienfaisance puissent générer des revenus, il existe des règles essentielles à respecter.
L'ARC fait une distinction cruciale entre deux types de revenus d'entreprise pour les organismes de bienfaisance enregistrés :
Les activités commerciales liées sont directement rattachées à votre mission de bienfaisance. Exemples :
Ces activités sont généralement permises et ne posent pas de problèmes de conformité.
Les activités commerciales non liées n'ont aucun rapport avec votre mission. Exemples :
Voici ce que vous devez absolument comprendre : Pour les organismes de bienfaisance enregistrés au Canada, exploiter une entreprise non liée constitue une activité interdite pouvant entraîner la révocation immédiate du statut d'organisme de bienfaisance. Il ne s'agit pas seulement d'une question fiscale — c'est une interdiction absolue.
La seule exception : Un organisme de bienfaisance enregistré peut exploiter une entreprise non liée si celle-ci est gérée « en grande partie » (à 90 % ou plus) par des bénévoles.
Source : Loi de l'impôt sur le revenu, article 149.1(1), définition d'« activité commerciale complémentaire », et Lignes directrices de l'ARC CPS-019, Qu'est-ce qu'une activité commerciale complémentaire?
Les OBNL peuvent placer leurs fonds, mais des limites s'appliquent. Si les revenus de placement provenant d'une entreprise non liée dépassent certains seuils, ils pourraient être imposables. Les organismes de bienfaisance enregistrés doivent également respecter les exigences relatives au contingent des versements, ce qui signifie qu'ils doivent consacrer chaque année un pourcentage minimal de leurs actifs de placement à des activités de bienfaisance.
Chaque province a ses propres règles sur la façon dont les OBNL constitués en société peuvent utiliser leurs excédents. Par exemple :
Consultez toujours la législation provinciale applicable ainsi que les documents constitutifs de votre organisme.
Le non-respect des règles relatives aux revenus peut entraîner :
C'est l'une des questions les plus fréquentes : « D'où vient l'argent des organismes à but non lucratif? »
Au Canada, beaucoup d'OBNL comptent sur une combinaison de sources :
Certains organismes de bienfaisance plus importants tirent même des revenus de placements ou de propriétés locatives, ce qui est acceptable, à condition que l'argent soutienne leur mission et soit conforme aux directives de l'ARC sur les activités commerciales liées.
Cela pourrait vous surprendre : il n'existe aucune limite légale quant au montant qu'un OBNL peut gagner au Canada.
Certains organismes de bienfaisance canadiens recueillent des millions de dollars chaque année. D'autres génèrent des sommes moindres, mais suffisantes pour maintenir leurs programmes et accroître leur impact.
Ce qui compte vraiment, ce n'est pas combien ils gagnent — c'est comment ils dépensent cet argent. Chaque dollar doit être utilisé pour soutenir leur mission. Personne ne peut empocher les bénéfices, et tout argent restant en fin d'année doit être réinvesti dans leur travail.
Oui, absolument. Les OBNL et les organismes de bienfaisance au Canada peuvent embaucher des employés et offrir des salaires compétitifs. En fait, la plupart des OBNL prospères ont du personnel rémunéré.
L'ARC exige que tous les salaires soient « raisonnables » pour le travail accompli. Cela signifie :
Fourchettes salariales typiques au Canada :
Il s'agit de l'un des domaines les plus réglementés du droit des organismes de bienfaisance au Canada, et les règles sont bien plus strictes que beaucoup ne le pensent.
Pour les organismes de bienfaisance enregistrés en Ontario :
Il existe une règle de common law stricte (appliquée par le Tuteur et curateur public) selon laquelle les administrateurs d'organismes de bienfaisance enregistrés ne peuvent généralement pas être rémunérés pour leur rôle d'administrateur. Cela signifie :
Exception limitée en vertu du Règlement de l'Ontario 4/22 :
Le Règlement de l'Ontario 4/22 pris en application de la Loi sur la comptabilité des œuvres de bienfaisance permet certains paiements aux administrateurs dans des circonstances très précises :
Pour les organismes à but non lucratif au Québec :
Au Québec, la rémunération des administrateurs est encadrée par le Code civil du Québec. Les administrateurs d'un OBNL sont considérés comme des fiduciaires : ils doivent agir dans le meilleur intérêt de la personne morale (l'organisme) et non dans leur intérêt personnel. Toute rémunération des administrateurs doit être expressément autorisée par les règlements internes de l'organisme, approuvée dans le respect des règles sur les conflits d'intérêts prévues au Code civil, et raisonnable et documentée. En cas de doute, il est fortement recommandé de consulter un avocat avant d'envisager toute forme de rémunération des membres du conseil.
Pour les organismes à but non lucratif dans les autres provinces :
Les règles varient davantage selon la province et les documents constitutifs de l'organisme, mais la rémunération reste très encadrée et doit être :
Bonne pratique générale :
Les directeurs généraux ne devraient généralement pas siéger au conseil d'administration pendant qu'ils sont en poste. Si une rémunération des membres du conseil est envisagée, consultez un avocat au préalable — il s'agit d'un domaine à haut risque sur le plan de la conformité.
Une rémunération excessive peut :
Consignez toujours :
Vous vous demandez peut-être : « Quel est l'organisme à but non lucratif le plus prospère? » Tout dépend de la définition que l'on donne à « prospère ». Parmi les organismes de bienfaisance les plus importants et les plus prospères au Canada, on trouve :
Ces organismes recueillent et dépensent des millions de dollars, mais tout cet argent est consacré à aider des personnes, à offrir des programmes ou à améliorer des systèmes. C'est là toute la différence : le profit ne va pas dans la poche de quelqu'un — il est réinvesti dans la cause.
C'est une question importante : Une entreprise à but lucratif peut-elle posséder un organisme à but non lucratif au Canada?
La réponse est plus nuancée qu'un simple « non ».
Ce que vous ne pouvez pas faire :
Vous ne pouvez pas « acheter » un OBNL comme vous achèteriez une entreprise. Les OBNL et les organismes de bienfaisance doivent être indépendants et gouvernés par un conseil d'administration qui agit dans le meilleur intérêt de l'organisme.
Ce que vous pouvez faire :
Toutefois, en vertu de la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif (article 7(1)), une société à but lucratif peut être l'unique membre d'une organisation à but non lucratif. Cela confère à la société à but lucratif un contrôle important par l'intermédiaire :
Cette structure est couramment utilisée pour les fondations d'entreprise, où une société crée et contrôle une fondation de bienfaisance tout en maintenant l'indépendance juridique de celle-ci.
L'essentiel à retenir :
Si une société à but lucratif peut soutenir, commanditer, ou même effectivement contrôler un OBNL par le biais d'une structure d'adhésion, l'OBNL doit quand même :
Autrement dit, un contrôle est possible grâce à une structure juridique appropriée, mais la mission et les activités de l'OBNL doivent demeurer véritablement de nature caritative ou à but non lucratif.
Même les organismes les mieux intentionnés peuvent commettre des erreurs coûteuses. Voici celles que nous observons le plus souvent.
Il est naturel de vouloir rémunérer les fondateurs pour leur travail, mais leur accorder des salaires bien au-dessus du marché attirera l'attention de l'ARC. Comparez toujours votre situation à celle d'organismes similaires et documentez votre raisonnement.
L'ARC exige des dossiers détaillés de tous les revenus et dépenses. Conservez :
Des dossiers insuffisants peuvent entraîner des vérifications, des pénalités ou la perte du statut d'organisme de bienfaisance.
Ne jamais utiliser le compte bancaire de l'organisme pour des dépenses personnelles, même temporairement. C'est un signal d'alarme sérieux pour l'ARC, qui peut :
Maintenez toujours des comptes bancaires et des cartes de crédit distincts.
Si votre organisme de bienfaisance souhaite exploiter une entreprise sans lien avec sa mission, une structure juridique appropriée est nécessaire. Les options comprennent :
Ne vous lancez pas dans une activité commerciale simplement parce qu'elle semble rentable.
Les OBNL doivent produire le formulaire T1044 (s'ils réclament une exonération fiscale). Les organismes de bienfaisance enregistrés doivent produire le formulaire T3010.
Le non-respect des délais peut entraîner :
Programmez des rappels dans votre calendrier pour les délais de production (généralement 6 mois après la fin de votre exercice financier).
Beaucoup d'organismes ignorent que les revenus de placement provenant d'activités commerciales non liées peuvent être imposables, même pour les organismes exonérés d'impôt. Consultez un expert avant d'effectuer des placements importants.
Avoir un excédent en fin d'exercice est normal — cela signifie que vous bâtissez une stabilité financière. Mais vous ne pouvez pas :
L'excédent doit demeurer dans l'organisme pour un usage à but non lucratif futur.
Soyez prudent lorsque vous acceptez des dons qui :
Ces « dons dirigés » peuvent créer de sérieux problèmes de conformité.
Faisons le point :
Gérer un organisme à but non lucratif ou de bienfaisance au Canada ne signifie pas que vous devez survivre difficilement. Cela signifie effectivement que vous devez utiliser votre argent de façon responsable et pour le bien commun. Si tout est bien fait, votre OBNL peut être financièrement solide et faire une grande différence dans la vie des gens.
Et si vous songez à créer votre propre OBNL ou organisme de bienfaisance au Canada, n'ayez pas peur de voir grand. Assurez-vous simplement que votre cœur — et vos livres de comptes — sont au bon endroit.
Besoin d'aide pour commencer? Nous aidons les Canadiens à enregistrer leurs OBNL et organismes de bienfaisance grâce à un soutien juridique clair, prévisible et à honoraires fixes — sans frais cachés, sans confusion, juste un chemin simple pour lancer votre organisme et l'enregistrer auprès de l'ARC. Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite avec notre équipe afin de déterminer la meilleure façon d'enregistrer votre organisme de bienfaisance, le plus rapidement possible.
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Les organismes à but non lucratif au Canada peuvent générer des revenus de plusieurs façons. Ils peuvent dégager un excédent à condition d'utiliser cet argent pour soutenir leur mission plutôt que de le distribuer à des propriétaires ou actionnaires.
Cela dépend du type d'organisme. Les organismes de bienfaisance enregistrés peuvent générer des revenus et avoir des excédents qui soutiennent leur mission. Les organisations à but non lucratif (OBNL) visées par l'article 149(1)l) doivent être constituées exclusivement à des fins autres que le profit — elles peuvent avoir des excédents en fin d'exercice, mais elles ne peuvent pas être exploitées dans l'intention de réaliser des bénéfices.
Les OBNL génèrent des revenus grâce aux dons, aux subventions gouvernementales, aux cotisations des membres, aux commandites d'entreprises, aux événements de financement et à la vente de biens ou de services. Certains tirent également des revenus de placements ou de propriétés locatives. Tous les revenus doivent soutenir la mission de l'organisme.
Un organisme à but non lucratif peut dégager un excédent en fin d'exercice (l'argent restant après les dépenses), mais il ne peut pas être constitué ni exploité dans le but de réaliser des bénéfices. En vertu de l'article 149(1)l) de la Loi de l'impôt sur le revenu, les OBNL doivent être exclusivement voués à des fins autres que le profit. Si un OBNL semble avoir l'intention de générer des bénéfices (même pour financer des programmes), il pourrait perdre son statut d'exonération fiscale. Les organismes de bienfaisance enregistrés ont plus de flexibilité en matière de revenus générés, à condition que ceux-ci soutiennent leur mission de bienfaisance.
Vous pouvez toucher un salaire en travaillant pour un OBNL. Beaucoup d'entre eux offrent des salaires compétitifs à leur personnel. Les administrateurs et membres du conseil peuvent également être rémunérés, mais les règles varient selon la province. Votre rémunération doit être raisonnable par rapport au travail effectué. Il vous est impossible de percevoir des paiements excessifs ou des bénéfices.
Non, vous ne pouvez pas tirer des bénéfices de la création d'un OBNL. Si vous y travaillez, vous pouvez recevoir un salaire raisonnable correspondant à vos fonctions. Vous ne pouvez pas utiliser un OBNL pour éviter de payer des impôts personnels. La création d'un OBNL devrait être motivée par la mission, et non par l'argent.
Oui, les OBNL peuvent déposer de l'argent dans des comptes de placement comme Wealthsimple. Ils peuvent investir pour générer des revenus supplémentaires. Les revenus de placement doivent soutenir la mission de bienfaisance de l'organisme. Tous les rendements doivent être réinvestis dans la mission.
La plupart des OBNL au Canada doivent produire le formulaire T1044 auprès de l'Agence du revenu du Canada chaque année. Ce formulaire fait état de leurs activités financières et confirme qu'ils maintiennent leur statut d'exonération fiscale.
Les organismes de bienfaisance enregistrés ont des exigences supplémentaires. Ils doivent produire le formulaire T3010 et fournir des renseignements détaillés sur leurs programmes et leurs finances.
La date limite de production est habituellement six mois après la fin de l'exercice financier de l'organisme. Un dépôt tardif peut entraîner des pénalités ou la perte du statut d'exonération fiscale.
Les OBNL doivent tenir des dossiers financiers détaillés. Ces dossiers doivent indiquer toutes les sources de revenus et la façon dont l'argent a été dépensé pour les activités de bienfaisance.
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DOV GOLDBERG, J.D. est avocat au sein du cabinet B.I.G. Charity Law Group et consacre sa carrière exclusivement au droit des organismes de bienfaisance et sans but lucratif depuis plus d'une décennie. Dov accompagne les organismes de bienfaisance, les fondations et les organisations sans but lucratif à chaque étape du processus d'enregistrement, en offrant des conseils juridiques pratiques axés sur la conformité, la gouvernance et le succès à long terme. Reconnu pour son approche concrète et sa connaissance approfondie des exigences de l'ARC, Dov s'engage à aider ses clients à bâtir des organisations solides, durables et juridiquement bien structurées.