Si vous songez à fonder un organisme de bienfaisance ou un organisme à but non lucratif (OBNL) au Canada, particulièrement en Ontario, vous avez probablement déjà entendu les termes « statuts constitutifs » et « lettres patentes ». Ces expressions peuvent sembler synonymes, mais elles ne le sont pas — et comprendre la différence entre les lettres patentes et les statuts constitutifs est essentiel pour assurer la conformité juridique et la bonne gouvernance de votre organisme.
Que vous soyez en train de constituer un nouvel OBNL, de faire la transition d'un organisme existant en vertu de la LOBNL de l'Ontario (ONCA), ou de présenter une demande d'enregistrement d'organisme de bienfaisance auprès de l'Agence du revenu du Canada (ARC), il est important de savoir quel document constitutif s'applique à votre organisme, car cela a une incidence sur tout, de la structure du conseil d'administration aux procédures de modification. Dans ce guide, nous expliquons ce que signifient ces termes, en quoi ils diffèrent, et ce qu'il faut savoir sur la constitution des OBNL au fédéral et au provincial au Canada.
Cet article porte principalement sur les régimes fédéral et ontarien. Il est toutefois important de noter que les OBNL québécois sont assujettis à un régime distinct, soit la Loi sur les entreprises sans but lucratif (ESBL), qui impose ses propres exigences de modernisation. Nous abordons ce régime plus en détail dans une section dédiée ci-dessous.
Les lettres patentes constituent une façon désuète de constituer légalement un OBNL. Avant 2010, il s'agissait du document juridique délivré par le gouvernement lorsque la constitution d'un OBNL était approuvée en Ontario. On peut les comparer à un certificat de naissance : elles donnaient une existence légale à votre organisme.
Le mot « patente » vient d'une expression latine signifiant « lettre ouverte ». On les appelle ainsi parce qu'il s'agit d'un document public. Le gouvernement s'en sert pour démontrer qu'il a autorisé un groupe ou une société à exister.
Les lettres patentes avaient pour but de créer une entité juridique. Elles précisaient :
Pour les organismes de bienfaisance, les lettres patentes comprenaient aussi les fins de bienfaisance, soit les objectifs précis que l'organisme doit respecter pour demeurer enregistré comme organisme de bienfaisance auprès de l'ARC.
Pas tout à fait. Les statuts constitutifs ont remplacé les lettres patentes lorsque de nouvelles lois sont entrées en vigueur.
Ainsi, si vous fondez aujourd'hui un OBNL, vous n'utiliserez plus de lettres patentes. Toutefois, si votre organisme a été créé avant l'entrée en vigueur de ces nouvelles lois, il se peut que vous ayez encore des lettres patentes au dossier. C'est pourquoi les deux termes sont encore employés, même si un seul est désormais utilisé pour les nouvelles demandes.
Les statuts constitutifs sont la version moderne des lettres patentes. Il s'agit d'un formulaire que vous devez soumettre :
Ce document comprend des renseignements semblables à ceux des lettres patentes :
Une fois la demande approuvée, votre organisme existe officiellement comme OBNL ou organisme de bienfaisance légalement constitué. Vous pouvez alors ouvrir des comptes bancaires, embaucher du personnel, présenter des demandes de subvention et, s'il y a lieu, demander l'enregistrement comme organisme de bienfaisance.
Le portrait présenté ci-dessus concerne les régimes fédéral et ontarien. Le Québec suit toutefois son propre parcours législatif, distinct de celui de l'ONCA et de la LCOBNL.
Depuis octobre 2023, les OBNL québécois sont régis par la Loi sur les entreprises sans but lucratif (ESBL), qui a remplacé l'ancienne partie III de la Loi sur les compagnies. Ce changement s'inscrit dans la même logique de modernisation que la transition vécue en Ontario et au fédéral : les organismes constitués sous l'ancien régime doivent voir leurs documents mis à jour pour respecter les nouvelles exigences.
Sur le plan terminologique, il est important de noter une nuance propre au Québec. Alors que l'expression « statuts constitutifs » est bien comprise et couramment utilisée dans les contextes fédéral et ontarien, le terme juridique précis en vertu de l'ESBL est « statuts de constitution ». Les deux expressions ne créeront pas de confusion chez le lecteur, mais l'emploi du terme « statuts de constitution » lorsqu'il est question spécifiquement du régime québécois démontre une précision que les clients basés au Québec sauront apprécier.
Ce que les OBNL québécois doivent savoir :
Si votre organisme est établi au Québec, il est recommandé de vérifier lequel de ces régimes s'applique à votre situation et de consulter un avocat spécialisé en droit de la bienfaisance avant d'entreprendre toute démarche de mise à jour.
Que votre organisme soit régi par des lettres patentes ou par des statuts constitutifs a une incidence directe sur son enregistrement comme organisme de bienfaisance auprès de l'ARC. Voici ce qu'il faut savoir :
Les deux types de documents doivent contenir les fins de bienfaisance de votre organisme, c'est-à-dire les objectifs précis qui font en sorte que votre organisme est admissible au statut d'organisme de bienfaisance en vertu du droit canadien. L'ARC exige que ces fins relèvent d'une ou de plusieurs des quatre catégories de bienfaisance reconnues :
Lors de la rédaction des lettres patentes ou des statuts constitutifs d'un organisme de bienfaisance, les fins de bienfaisance doivent être :
De nombreux organismes rencontrent des problèmes lorsque leurs documents constitutifs contiennent :
Si vous faites la transition des lettres patentes vers des statuts constitutifs, vous n'avez généralement pas à présenter une nouvelle demande d'enregistrement auprès de l'ARC. Vous devez toutefois :
Si vous apportez des changements importants à vos fins de bienfaisance pendant la transition, consultez d'abord un avocat spécialisé en droit de la bienfaisance : des modifications importantes peuvent nécessiter l'approbation de l'ARC pour que votre organisme conserve son statut d'enregistrement.
Comprendre les différences pratiques entre ces deux types de documents constitutifs permet de saisir pourquoi la transition des lettres patentes vers des statuts constitutifs offre des avantages considérables :
Lettres patentes :
Statuts constitutifs :
Lettres patentes :
Statuts constitutifs :
Lettres patentes :
Statuts constitutifs :
Lettres patentes :
Statuts constitutifs :
Lettres patentes :
Statuts constitutifs :
Si vous fondez un nouvel OBNL, probablement pas. Vous utiliserez plutôt des statuts constitutifs.
Mais si vous faites déjà partie d'un organisme de bienfaisance créé avant 2011 (au fédéral) ou avant 2021 (en Ontario), votre organisme pourrait encore être régi par des lettres patentes. Cela signifie que :
Si votre organisme est encore régi par des lettres patentes, la transition vers des statuts constitutifs — appelée « prorogation » — est une étape importante pour assurer la conformité et moderniser votre structure de gouvernance.
La transition des lettres patentes vers des statuts constitutifs offre plusieurs avantages :
Pour les OBNL ontariens, l'échéance de transition en vertu de l'ONCA était le 19 octobre 2024. Les organismes qui n'ont pas respecté cette échéance risquaient une dissolution administrative, bien que certains aient obtenu des prolongations. Si votre organisme n'a pas encore fait la transition :
Pour les OBNL fédéraux régis par des lettres patentes, le processus de prorogation comprend :
Lors de la transition, vous devrez généralement mettre à jour :
Le processus de prorogation comprend généralement :
Les organismes dont la structure est complexe, qui comptent plusieurs catégories de membres ou dont les fins de bienfaisance sont particulières, pourraient avoir besoin de plus de temps et d'un accompagnement juridique plus soutenu.
La transition des lettres patentes vers des statuts constitutifs est un processus juridique qui touche la structure fondamentale de votre organisme. Il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé en droit de la bienfaisance, qui peut :
En matière de lettres patentes et de statuts constitutifs, les organismes commettent fréquemment les erreurs suivantes :
De nombreux OBNL ontariens ont manqué l'échéance de transition en vertu de l'ONCA, ce qui a entraîné une dissolution administrative ou une course contre la montre pour se conformer à la dernière minute. Surveillez toujours les échéances réglementaires et planifiez votre transition longtemps à l'avance.
Si vous êtes un organisme de bienfaisance enregistré qui fait la transition vers des statuts constitutifs, ne modifiez pas substantiellement vos fins de bienfaisance sans consulter l'ARC. Des changements importants pourraient compromettre votre statut d'enregistrement.
Les lettres patentes ne se transforment pas automatiquement en statuts constitutifs. Vous devez déposer les documents de prorogation ou de modification appropriés auprès du gouvernement pour compléter la transition.
Faire la transition de votre document constitutif sans mettre à jour vos règlements administratifs crée des incohérences. Vos règlements administratifs doivent être harmonisés avec vos nouveaux statuts constitutifs et conformes à la loi en vigueur.
Les transitions de sociétés sont des processus juridiques complexes. Les organismes qui tentent de faire la transition eux-mêmes se retrouvent souvent avec des documents non conformes, manquent des dépôts requis ou créent des problèmes de gouvernance coûteux à corriger par la suite.
La prorogation exige généralement l'adoption d'une résolution spéciale par les membres. Le fait de ne pas aviser adéquatement les membres, de ne pas tenir les assemblées requises ou de ne pas atteindre le seuil de vote nécessaire peut invalider votre transition.
Pour résumer simplement : les lettres patentes sont l'ancienne version, et les statuts constitutifs sont la nouvelle version d'une même idée — constituer légalement votre OBNL ou votre organisme de bienfaisance.
Si vous ne savez pas ce que possède votre organisme, ou si vous partez de zéro, laissez-nous vous aider. Bien faire les choses dès le départ — ou effectuer la transition correctement — est essentiel pour diriger un organisme de bienfaisance prospère qui respecte à la fois les exigences gouvernementales et celles de l'ARC.
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Les lettres patentes constituaient l'ancien document juridique servant à fonder des OBNL avant 2010 en Ontario. Les statuts constitutifs les ont remplacées en vertu des lois fédérales et provinciales modernes.
Comprendre ces documents aide à clarifier la façon dont les OBNL canadiens sont légalement constitués aujourd'hui.
Les lettres patentes étaient les documents originaux utilisés pour constituer des OBNL et des sociétés au Canada, leur conférant une existence légale. Il s'agissait de documents publics contenant des renseignements clés comme le nom de l'organisme, son objet et ses règles. En Ontario, elles ont été utilisées jusqu'en 2010; au fédéral, jusqu'en 2011. Les organismes ayant une structure plus ancienne peuvent encore être régis par des lettres patentes, mais pourraient devoir mettre à jour leurs documents pour se conformer aux lois actuelles.
Les statuts constitutifs sont désormais les documents juridiques standards pour créer des OBNL et des sociétés au Canada. Ils sont déposés soit auprès de Corporations Canada, soit auprès de ServiceOntario, selon que l'organisme est constitué au fédéral ou au provincial. Les statuts comprennent des renseignements importants sur le nom, l'objet, la structure et les règles de l'organisme. Une fois approuvé, l'organisme devient une entité juridique et peut fonctionner officiellement.
Un certificat de constitution est le document officiel délivré par le gouvernement une fois que vos statuts constitutifs sont approuvés. Il confirme le statut juridique de votre organisme et comprend des renseignements comme la date et le numéro de constitution. Ce certificat est souvent requis pour ouvrir des comptes bancaires ou exercer des activités au Canada.
Les statuts d'association ne sont pas couramment utilisés en droit canadien. Le Canada utilise plutôt les statuts constitutifs, qui remplissent la même fonction, soit établir la structure et les règles d'une société. Certains organismes plus anciens pourraient encore avoir des statuts d'association, mais la plupart utilisent des statuts constitutifs accompagnés de règlements administratifs pour leur gouvernance.
Le Canada n'utilise pas les statuts d'association comme norme. Les documents habituels sont les statuts constitutifs, les règlements administratifs et, parfois, des politiques et procédures. Ensemble, ces documents établissent la structure et la gouvernance d'une société, les formes précises variant selon qu'il s'agisse d'une constitution fédérale ou provinciale.
Les lettres patentes et les statuts constitutifs créent tous deux le cadre juridique d'une société, en établissant son objet et ses règles. Les lettres patentes correspondent souvent à une structure de gouvernance plus ancienne, qui pourrait devoir être mise à jour pour se conformer aux lois actuelles. Les statuts constitutifs offrent plus de souplesse, comme une taille de conseil variable et le vote électronique. La transition vers des statuts constitutifs peut moderniser la gouvernance et assurer la conformité aux exigences juridiques actuelles.
Si votre organisme est constitué en Ontario et a été formé avant octobre 2021, vous deviez faire la transition vers des statuts constitutifs en vertu de l'ONCA avant le 19 octobre 2024. Les organismes qui ont manqué cette échéance risquent une dissolution administrative. Pour les OBNL fédéraux formés avant 2011, la prorogation en vertu de la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif est fortement recommandée, bien qu'aucune échéance stricte ne soit imposée. La transition offre une plus grande souplesse de gouvernance et assure la conformité au droit des sociétés en vigueur.
Non. Depuis octobre 2023, les OBNL québécois sont régis par la Loi sur les entreprises sans but lucratif (ESBL), et non par l'ONCA ou la LCOBNL. Le terme juridique précis pour désigner leur document constitutif est « statuts de constitution ». Les organismes québécois constitués sous l'ancien régime devraient vérifier si une mise à jour de leurs documents est requise pour se conformer à l'ESBL.
Les informations fournies sur ce site Web sont à titre informatif seulement. Elles ne constituent pas des conseils juridiques. Vous ne devez pas agir ou vous abstenir d'agir sur la base de ces informations sans avoir préalablement consulté un avocat spécialisé en droit des organismes de bienfaisance. Nous ne garantissons pas l'exactitude ou l'exhaustivité des informations contenues sur ce site. La communication par courriel avec quiconque au sein de B.I.G. Charity Law Group Professional Corporation n'est pas destinée à créer, et sa réception ne constituera pas, une relation avocat-client. Une relation avocat-client ne sera établie qu'après que nous aurons examiné votre dossier ou vos renseignements particuliers, décidé d'accepter votre dossier et conclu avec vous une convention de mandat écrite ou une lettre de mandat.

DOV GOLDBERG, J.D. est avocat au sein du cabinet B.I.G. Charity Law Group et consacre sa carrière exclusivement au droit des organismes de bienfaisance et sans but lucratif depuis plus d'une décennie. Dov accompagne les organismes de bienfaisance, les fondations et les organisations sans but lucratif à chaque étape du processus d'enregistrement, en offrant des conseils juridiques pratiques axés sur la conformité, la gouvernance et le succès à long terme. Reconnu pour son approche concrète et sa connaissance approfondie des exigences de l'ARC, Dov s'engage à aider ses clients à bâtir des organisations solides, durables et juridiquement bien structurées.